L'antichambre de la cour impériale pouvait largement faire honte à toute les autres cours, tant elle était majestueuse. S'étendant sur un grand espace, où s'étendait un dallage de marbre ponctués par des colonnes espacés régulièrement par de larges colonnes d'or et d'argent, elle ne laissait aucun doute sur le but de sa construction. Le décor était si grandiose, qu'il semblait vouloir épaté la galerie, et c'était vraisemblablement le but recherché. Malgré l'immensité du lieu, une foule imposante remplissait facilement la salle. Tout les gens importants ou qui croyait l'être, fréquentaient la cour durant les audiences impériales, afin d'avoir l'opportunité de snober, conclure des arrangements familiaux ou commerciaux, ou tout simplement se montrer. Des serviteurs offraient mets et boissons de toutes sortes, mais rares étaient ceux qui en profitaient : attendre l'empereur dans ce genre de convocation n'était pas ce qu'il avait de plus encourageant pour pouvoir en profiter. Bien entendu, comme il se doit, touts les clans familiaux qui représentaient le gratin de l'aristocratie, étaient présent, et étaient obligés de s'y présenter en personne sans envoyer une délégation. Chacun tenait ses distances par rapport à ses ennemis déclarés ou des personnages de rang inférieur. Comme d'habitude, chaque clan était en proie à une vendetta récente ou vieil de plusieurs générations; mais en présence de l'empereur, ils étaient tenues d'agir en bonne et dues formes, selon les meilleurs marques de civilités.
Les familles discutaient entre eux, afin de meubler l'attente, car l'empereur avait la manie de se faire désirer, ou de faire des entrées assez théâtrales.
Chacun tentait de trouver un soutien, d'affirmer sa supériorité ou tout simplement récupérer les derniers cancans en date. Dans n'importe quel cour, on dira que le savoir c'est le pouvoir, car elle était à la fois la meilleure attaque et défense contre tout ses ennemis. On soupçonnait son prochain d'être l'objet de l'affaire en cours, et des yeux mis-clos suspicieux dardaient ici et là des regards inquisiteurs en quête de la plus petite faiblesse, comme de gros rapaces planant sur une bête à l'agonie.
Des gardes lourdement armés, se tenaient dans la plus parfaite immobilités, un peu partout. Véritable exposition de forces dans leur armure écarlate, on pouvait dire qu'elles n'étaient là que pour décoration. Les familles savaient qu'on les surveillait, et ceux là n'était que les pièces les plus visible du jeu. La plupart n'étant là que pour maintenir la paix entre les clans, étant donné qu'elles n'avaient pas le droit d'emmener de garde du corps ou de rentrer armés dans la salle. En effet, il arrivait qu'après quelques joutes verbales, différents membres de familles en guerre en vienne aux mains. Ce sont dans ces moments là, qu'ils prenaient un malin plaisir, à venir rétablir l'ordre.
Parmi les familles, tel un lion en quête de nourriture, le sourire aux lèvres et le regard plein de malice, le seigneur Dalton Wolf, chef de son clan se mouvait comme s'il était au milieu d'insignifiant. Sa famille se trouvait actuellement, parmi les plus puissantes et appréciés de la cour, d'autant plus que le Wolf avait éliminés tout ceux qui se trouvait en travers de son chemin. Evidemment, nul ne pouvait prouver quoi que ce soit sans preuve tangible; il fallait respecter les lois et coutumes instaurés par la dynastie Kaihran. Les gens le saluaient avec respect et s'écartaient sur son passage, et pour lui s'était tout ce qu'il avait de plus normal. Si un seigneur ou une dame de rang inférieur se hasardait par aventure, à montrer un visage différent de l'adulation derrière son dos, il s'en fichait, car il était au dessus de tout... enfin presque. Ce qui n'était pas le cas de son fils aîné, se trouvant à ses côtés. De musculatures plus puissantes que son père, il faisait office de garde du corps, tout en apprenant au coté de son père, les rouages de la cour, de la manipulation, de la trahison, et de tout ce qui avait trait à pouvoir effectuer sa domination sur autrui. Tout en parcourant la foule, Wolf saluait tout ceux qui trouvait grâce à ses yeux et méprisait les autres sans se cacher. Le trajet qu'il suivait semblait aléatoire, mais était pourvu de toute logique militaire afin de mémoriser les emplacements de chacun, et pallier et toute imprévues. Soudain, son regard s'éclaira lorsqu'il reconnut un visage familier, qu'il n'avait pas vu depuis ce qui semblait une éternité. Aussitôt, se frayant un passage, il se dirigea vers elle, avec une animosité que l'on ne lui reconnaissait pas.
- Campbell, mon vieil ami! S'écria t-il. Quel plaisir de vous revoir. Cela fait un moment que je ne vous ai vu à la cour, que nous vos cet honneur?
Ce qui était assez proche pour entendre son exclamation, furent étonnés, car il était assez rare de voir le Wolf s'exprimer avec une telle effusion de sentiment joyeux. Il avait l'habitude de montrer un visage glaciale, et froid, et là c'était carrément un glaçon qui avait fondu.
Le seigneur John Campbell lui rendit un salut formel d'une simple inclinaison de buste, sans plus. De six ans l'ainé du Wolf, des cheveux blancs et des rides parcourait son visage révélant par là qu'il était assez âgés, cependant cela ne l'empêchait pas de se tenir droit, et la tête haute. On le voyait peu souvent à la cour et depuis quelques années, on ne l'avait carrément pas vu. Il était réputé pour vouloir défier l'empereur, en s'acoquinant avec qui bon lui semblait, et cela même si elle pouvait être les plus dangereuses. Depuis sa naissance, il ne se cachait pas du fait qu'il n'aimait pas les gens corrompus, et était connu pour être un homme loyal, d'honneur et vertueux. Aux alentours personnes ne soufflait le moindre souffle : de son temps, le Campbell était réputé pour être un prodigieux duelliste, parmi les meilleurs guerriers, et était parvenu en tête de la famille la plus puissante, lorsque son père aussi idéaliste que lui et, qu'il aimait plus que tout, fut assassiné dans de mysterieuse circonstance. Le temps de la gloire de sa famille était révolu, mais tout le monde se demandait s'il en était autant de ses talents d'épées. Il adressa au Wolf, un salut sec, presque hésitant et lui sera la main.
- Wolf! Dalton Wolf! Aussi louche que d'habitude à ce que je vois. Toujours aussi adulé? Non, laisse tomber, c'est une question stupide. Il y a des années que je ne suis pas venu à la cour, mais rien n'a changer. L'homme continue à perdre de plus en plus de sa vertu, et la vermine continue à proliférer, pour atteindre les sommets.
Le Wolf sourit à sa petite vanne.
- Toujours, les mots pour faire plaisir, à ce que je vois. Heureusement, que nous sommes amis, sinon nous serions entre-tués, depuis longtemps.
- Oh, j'en doute très fortement, dit le Campbell. Vous ne m'arriviez pas à la cheville à l'époque et c'est toujours le cas, aujourd'hui. Vous êtes comme un petit souriceau tentant de lever une épée et qui arriverait à peine à me blesser le petit orteil.
Wolf éclata de rire, son fils fronça les sourcils, et les indiscrets battirent en retraite. Son sens de l'humour était considéré comme aussi dangereux que ses colères, et personnes n'avait envie d'être à leur côtés. La rivalité qui les opposait, Wolf et Campbell remontait à la naissance, et au fil des ans, ils avaient constatés qu'ils préféraient un ennemi qu'ils admiraient à un allié qu'ils devaient soutenir pour les besoins de la famille. Cela avait toujours été une drôle de relation, mais amis malgré eux, ils étaient aussi liés que s'il était la même personne, tout en ayant des ersonnalités totatlement différente. Wold fixa Campbell d'un regard pensif et s'en rapprocha.
- Non, franchement, qu'est ce qui vous amène ici, après tout ce temps? Je croyais que vous jugiez la politique digne seulement de la vermine et de gens sans honneur?
- Mon opinion n'a pas changé d'un pouce et vous en êtes la preuve vivante. Combien de personnes avez-vous piétinés pour atteindre votre rang actuel?
- J'ai arrété de compter depuis longtemps. J'en avait une migraine d'enfer.
Campbell secoua la tête.
- Vous symboliser tout ce que je déteste ici, et je suis tout ce que vous voulez détruire, durant toute votre carrière d'assassin et de traître. Pourquoi sommes nous aussi liés? Qu'avons nous en commun, je n'arriverais jamais à le comprendre.
Wolf s'esclaffa de plus belle.
- Des cadavres à nos pieds, sans doute. Allez savoir. Je vous apprécie parce que vous n'avez jamais laissez quiconque vous marchez sur les pieds, et surtout pas moi. Vous, vous ...
- Ca va Wolf, tu parle trop et je sens que tu es parti pour une longue tirade. Comment vont vos enfants?
- Ils m'énervent comme toujours. Mais bon à part mon fils aînés, les autres sont toujours aussi inutiles, et passent leur existence à me mettre dans l'embarras. Enfin, je les adore quand même, et ils trouveront bien de quoi s'occuper un jour.
Il s'interrompit, apercevant l'air contrit de l'autre.
- J'ai appris la mort de votre aîné, reprit-il. Il n'aurait pas dû accepter ce duel, il n'avait aucune chance.
- Non, c'est vrai. Mais il n'avait pas le choix... mon ...
Ne voulant le mettre encore plus dans l'embarras, Wolf décida de changé de sujet.
- Vous ne m'avez toujours pas répondu. Qu'est ce qui vous ramène à la cour après cet exil que vous vous êtes vous même imposé, pendant des années dans l'autre royaume.
- Sa sainte majesté, dit-il avec un sarcasme à peine voilé, m'a convoqué d'une lettre écrite de sa propre main, et apporté par son propre fils. Il tenait à ce que je vienne avec lui rencontrer quelqu'un. On peut difficilement refuser quelque chose au seigneur Ewan, de surplus si sa volonté est signé de la main de son notre ... maître.
- Je ne m'en serais pas privé, je dois l'avouer. Quand notre empereur, nous trouve un intérêt soudain, il est temps de changer de nom et filer le plus vite possible. Mais, je vous l'accorde, les circonstances, ne s'y plaisait pas.(Il fronça les sourcils) Qu'est ce qu'il vous veut?
- Il a simplement dit que ma présence était requise à l'audience. Mais peut importe. Ma femme, et tous mes enfants sont morts. Il ne me reste que mon dernier fils et... (il allait dire autre chose, mais se ravisa soudain) vu ses affiliations, nous ne nous supportons guère. Et puis personne n'a réussi à m'intimider de toute ma vie, ni me faire peur, alors je me présente en ... loyal... sujet de sa majesté.
Wolf aboya d'un rire sans retenu. Autour des deux seigneurs, le vide s'était fait.
- Votre loyauté est toujours allé au trône, non à son occupant. Je doute fort que vous ayez un bon mot pour notre maître depuis ... la " disparition " de ses frères et sa soeur jumelle.
Oh! mais si détrompé vous, mon cher ami, j'en ai un, mais je suis trop bien élevé pour le prononcer.
Wolf était partit dans une hilarité qu'il avait du mal à retenir. Elle fut stoppés quand la haute double porte s'ouvrirent. Tout les bavardages s'étaient tût, et un silence de mort pesé maintenant. Les deux seigneurs tournèrent leurs tête dans la même direction que tout le monde. Une puissante sonnerie retentit, et une lumière éblouissante traversa la salle. Le public fut aveugle pendant un moment, qui sembla durer une éternité.
Les premiers qui recouvrirent la vue, aperçurent l'empereur assis sur son immense trône placé de manière à ce que tous puissent admirer sa grandeur. Sur le chemin menant à son trône, on pouvait voir une armée de garde qui avait été modifiés grâce à ce que l'on appelait la nécromancie. La cour était horrifié par ce genre de pratique, auquel s'adonnait leur empereur, mais depuis des années, ils avaient dû apprendre à s'y faire. Protégeant l'accès au trône, ils évoquaient une meute de chiens, tenu par une laisse invisible. La foule se regroupa , peu à peu face au trône en prenant bien soin de garder le plus de distance possible, et s'inclina. L'empereur donna l'autorisation de se relever avec une lassitude peu commune, puis tout le monde regagna sa place.
Personne n'avait aperçu, ni le seigneur Ewan, ni le bras droit surnommé la sombra de la muerte ou encore la muerte pour faire plus court.
La cour retint son souffle lorsque l'empereur se pencha en avant afin de prendre la parole d'une voix calme et posé. Chacun pouvait l'entendre, tant sa voix portait dans la salle entière. Les sujets écoutaient l'air respectueux, certains épongeant la sueur qui dégoulinait de leur cou.
- Bienvenue! Bienvenue à mes chers et loyaux sujets. En tant normal, une cérémonie ennuyant à souhait doit se dérouler avant que je m'adresse à vous... Ne vous inquiétez pas, elle est juste reporté. A présent, un sujet me tient à coeur, et je me dois de l'évoquer en toute première importance. Non, en vérité, il y a deux sujet...
(à suivre)





