- Tu peux le faire Elyam, ça demande juste un peu de concentration, et peu d'énergie.
Elyam prononça quelques mots, et une bulle transparente d'une belle couleur bleue entoura le groupe.
- Voilà, on avancera un peu plus vite comme ça.
Elyam, Zeldiin et les loups argentés avaient réussi à rejoindre le Capitaine Orius et sa petite compagnie. Ensemble, ils décidèrent de se diriger vers le palais ducal. Sous le couvert de la sphère de protection, ils marchèrent d'un pas assuré et relativement rapide dans cette direction.
- Surtout ne pense pas aux ennemis qui nous entoure, reste concentré, conseilla Zeldiin. Les autres se chargeront de ceux qui passent outre notre protection. Je reprends un peu de force pendant ce temps.
La bataille faisait rage dans la cité. Alors que, des Chevaliers de la foi aidés par des gardiens combattaient l'ennemi à l'intérieur de la cité, un groupe d'hommes parvint se frayer un chemin vers le palais ducal.
Ils traversèrent la petite cour menant à la salle du duc. Les cadavres des gardiens personnels de ce dernier jonchaient le sol. Elyam et les autres gravirent d'énormes marches qui menaient vers une imposante porte en bois à double battant.
- Faites attention! avertit Zeldiin avant de franchir la porte. Je sens de mauvaises énergies derrière.
- Pas besoin d'être sorcier, pour le ressentir,répliqua Maxander, en essayant une plaisanterie de mauvais goût.
Zeldiin ferma ses yeux et tendit son esprit. Un piège leur barrait l'entrée. S'ils avaient pénétré à l'aveuglette, ils auraient péris dans d'atroce souffrance. Il trouva facilement une parade contre ce sort.
- Un sort simple, mais efficace nous attendait. Nous pouvons passer maintenant! rassura t-il.
Maxander ouvrit la porte. Lentement, elle laissa place à la grande salle ducale. Epée levée, le capitaine Orius pénétra le premier, suivit par Zeldiin, puis le reste de la troupe. Dès qu'ils entrèrent, ils eurent l'impression de pénétrer dans un autre monde. La salle empestait la mort, le sang maculait les dalles. Des ossements, et crânes se trouvaient éparpillés à plusieurs endroits et jonchaient la salle. Une légère brume enveloppait la salle, rendant une atmosphère sinistre à la situation. Des torches brillaient sur les murs, d'une lumière si éclatante, et aussi rouge que le sang sur les dalles, qu'elles semblaient être maintenues par la magie.
Des hommes qui n'avaient plus rien d'humain se tenaient alignés, de part et d'autre de la salle.
Leurs yeux illuminés d'un éclat rouge, les fixaient d'un regard impassible et déterminés. Des lambeaux de peau se détachaient de leur visage, et leurs muscles grossis de manière qui laissait présager que ce n'était pas de manière naturelle, ressemblait à du cuir tendu et semblait représenter une cuirasse épaisse et naturelle à leur corps. Certains portaient des boucliers et épées, tandis que d'autres avaient de lourdes haches à double tranchant. Ils se tenaient près à attaquer à la moindre occasion, mais pour l'instant ils ne bougeaient pas. Les grandes fenêtres à arcade étaient barrées de runes, faîtes à l'aide de sang humain, et inspiraient la terreur.
- C'est pas bon! commenta Audrelina. Vraiment pas bon.
- Oui, très! Ajouta Zeldiin. Quelqu'un essaye de créer quelque chose de très mauvais.
- Comment savez vous ça ! Demanda Orius, tout en avançant lentement vers le centre de la pièce ,regardant de droite à gauche à tour de rôle.
- Croyez le! Si, il vous le dit, c'est que c'est vrai, dit Elyam.
Le groupe avançait avec prudence vers le centre de la salle, jusqu'à ce que quelques silhouettes se dessinent petit à petit sur et à coté du trône. Un vieil homme, vêtu d'une robe noire sertie de runes se tenait à gauche du trône ducal. Au pied du trône se trouvait le duc en personne, couché à même le sol, attaché à une chaîne. Sur son dos reposait le pied d'un puissant guerrier siégeant sur le trône, il était vêtu d'une armure, aussi noire que la noirceur de la plus profonde des cavernes. Une grande épée irradiant d'une énergie sombre reposait sur l'un des bras du siège. Elyam posa les yeux sur lui, et s'arrêta net. Il venait de voir l'un des fantômes de son passé. Il pensait qu'il était mort, au cours de la nuit qui changea sa vie il y a dix années de cela. Sur le trône aussi vivant qu'il l'était lui, il pouvait voir quelqu'un de très proche. Il avait bien changé, mais il le reconnu tout de suite, aucun doute n'était possible. De surcroît, par dessus son armure un pendentif était accroché à son cou, ne laissant aucun doute sur son identité. C'était lui même qui le lui avait offert. Audrelina remarqua son geste et son hésitation.
- Qu'est ce qui ne va pas Elyam? Demanda t-elle.
Aucun son ne sortit de sa bouche, un moment.
- Quelqu'un qu'il pensait ne jamais revoir, répondit Zeldiin à sa place.
- Ce... non... ce n'est pas possible... je ..., bégailla Elyam.
- Voilà donc celui que nous attendions, décréta la voix de l'homme en robe à gauche de trône. Tu dois être Elyam, dit t-il en pointant sur doigt sur l'intéressé.
Elyam avait repris son assurance.
- Oui, qui lui parle.
- Je suis le grand prête Sangarak. On m'avait dit que tu finirais par pointer le bout de ton nez. Je suis ravi de te rencontrer. Je vois que tu as emmené des gardes du corps, rajouta t-il avec un sourire.
- Je ne vous connais pas
- Oui, je sais. Je n'ai pas la prétention de dire le contraire. Comme tu vois, on détient la citée ainsi que le duché. Bien sûr le duc est devenu un gentil toutou, dit il en gratifiant ce dernier par un coup de botte. Reconnais tu cette personne, dit-il en désignant le guerrier sur le trône.
Le sourire de l'intéressé s'élargit. Il possédait des traits cruels et diaboliques, rendus par un visage d'une beauté éblouissante, ce qui le rendait encore plus dangereux. De surcroît, une aura de danger et de force semblait tourbillonner autour de lui, et montrer toute sa puissance, alors qu'il était seulement assis.
- Mon frère de coeur et ami... Ewan, souffla Elyam.


